La religion du football
4 septembre 2026La dernière coupe du monde de football et ses suites immédiates montrent à quel point cette pratique du sport et la religion se confondent. Parfois avec une touche de philosophie.
Le but
Un match gagné ? Le paradis. Perdu ? L’enfer. Nul ? Le purgatoire. Gianni Infantino ? Lucifer descendu aux enfers après avoir tenté le diable. Assorti à Donald, l’homme qui prend les femmes par la chatte comme on retient un adversaire par le maillot et qui joue en permanence avec la fin du monde, envoyant ultimatum sur ultimatum, chacun annulant le précédent, dans une espèce de recherche d’éternité. Donald étant ce diable qui s’emploierait à trouver la clé de La 7 ème fonction du langage comme l’évoque Laurent Binet dans son roman. Il s’agirait de transformer chaque parole en sa réalisation concrète et immédiate. En but. Donald s’y emploie mais n’a pas encore trouvé la formule magique.
Le carton rouge ? L’excommunication, bien sûr ! Le jaune donne encore la possibilité de se racheter. La confession se tient devant les médias, lors de conférences de presse. — On fera mieux la prochaine fois. On va travailler à s’améliorer après avoir analysé nos fautes.
Le football et l’existentialisme
Si l’arbitrage fait tellement problème, ce n’est pas à cause de l’arbitrage tel qu’il fonctionne. Le recours au VAR, l’assistance video qui se rapproche de la perfection, montre qu’aucun système n’est idéal. L’angle de prise de vue est déterminant. Tout comme l’angle suivant lequel nous voyons la réalité quotidienne. Alors que faire ? S’inspirer de l’existentialisme. Faire le bien, se rapprocher de la perfection non par crainte de l’arbitrage divin ou du VAR, mais par éthique, par règle de vie personnelle. On ne verra plus, alors, de joueurs se tordre d’une douleur simulée, se rouler par terre ou porter la main à leur visage dans des scènes dignes du plus mauvais jeu de théâtre dépendant de l’intervention d’un deus ex machina.
Que dire des grandes messes que sont devenus les matches ? Elles ressemblent trop souvent à des scènes de guerre de religion qui n’ont rien à voir avec la foi, ni l’amour du sport.
En France, la fille aînée de l’Église va être dirigée sur le terrain de la pratique professionnelle nationale par Zinedine Zidane. Un homme de confiance qui a su racheter ses fautes et ses péchés. Il va désormais mettre sa tête au service d’une espérance commune.
Pendant ce temps, des gamins jouent pieds nus, sur des terrains si vagues, loin des caméras, avec des balles de chiffon. Les derniers seront les premiers ?
