La tête

La tête

3 février 2024 0 Par Paul Rassat

 » …  le chef , comme « chevet », vient du latin « caput/capitis », qui signifie : la tête. Lorsque la tête désigne une tête de bétail, par exemple, une tête de bœuf ou de mouton, on parle alors de « cheptel ». Et «  cheptel » va donner « capital »-d’ailleurs, lorsqu’il y aura plusieurs têtes de bétails, on dira que c’est le « pecus », en latin , qui a donné « pécuniaire. »…L’argent est aujourd’hui le capitaine de nos sociétés-dans « capitaine » vous entendez de nouveau caput…

Loin du chef…

Savez-vous pourquoi…les sapins ont cette forme triangulaire ou conique ?…Pour cette raison que les botanistes…ont découvert : la tête du sapin émet une substance si toxique qu’à son voisinage, on peut difficilement se développer. Par conséquent, les branchages voisins de la tête se développent peu, sont assez courts. Plus on s’éloigne de la substance toxique, plus les branches se développent. C’est très amusant cette forme hiérarchique-la forme de la tour Eiffel ! Et c’est intéressant de voir que près du chef, près de la tête, on se développe assez peu, et que loin de la tête, on se développe beaucoup mieux. »

Et Michel Serres de citer dans De l’impertinence aujourd’hui, ces chefs de guerre 14/18 envoyant les troupes à la boucherie, eux restant à l’arrière. S’il faut un chef afin d’indiquer une direction, de former cohésion, quel est le coût social de ce chef ?

Un chef, un chemin, une pensée

Le tour de passe-passe de tous les chefs est de faire croire qu’il n’y a pas de plan B, comme pour le référendum sur l’Europe. Le tout est donc de faire croire aux citoyens qu’ils ont besoin d’un chef. Les chiffres traduisent UNE réalité. Cette réalité, il faut la voir en face. Pas de côté, ni de trois-quarts puisqu’il n’y a en qu’une. Un seul chemin, donc, et un seul chef pour montrer la voie.

Un déca, c’est un café décapité

Le chef est unique ! Mais le chef défile, de chef en chef : le roi est mort, vive le roi ! Parfois le chef se défile, mais c’est une autre histoire. Comme le mot « chef » sent son patriarcat, on l’a retouché : il est devenu premier de cordée. Mais gare, le poisson pourrit par la tête ! Tête que la France aurait perdue en décapitant Louis XVI ? Un Sarko avait bien compris cette nécessité de se présenter en « chef », de pied en cap, talonnettes comprises. Le langage guerrier de Macron relève de cet artifice : il se fait chef de guerre.

— Tout ça m’énerve !

— Un café ?

— Un déca…

Moins on sait, plus on est sûr de soi

Dans Votre cerveau vous joue des tours Albert Moukheiber explique :  »

« L’expérience (de Dunning et Kruger) a montré que les étudiants les moins bons à l’échelle de la classe avaient le plus tendance à surestimer leurs résultats et leurs capacités. Ils se sont arrêtés à leur premier pic de confiance…

Ce pic de confiance s’explique par notre illusion de profondeur explicative : nous pensons souvent mieux comprendre le monde que nous ne le comprenons vraiment…

Au contraire, acceptons de plonger dans le vertige de la connaissance pour accéder à une connaissance plus solide…

L’art de péter plus haut que son cul ( et le ruissellement?)

À l’inverse, des personnes surcompétentes et notamment les personnes dites surdouées sous-estiment leurs capacités et craignent en permanence de « ne pas être à la hauteur ». Ce syndrome dit « de l’imposteur » est le pendant négatif de l’effet Dunning-Kruger. Il conduit des personnes qui en sont victimes à accepter des postes inférieurs à ceux qu’elles méritent. Et en combinant ces deux effets, on en arrive à cette absurdité : des personnes sous-compétentes dirigent des personnes surcompétentes (cf Le principe de Peter). »

En bon français, le principe de Peter pourrait se traduire l’art de péter plus haut que son cul.