Luce comprend tout

Luce comprend tout

14 novembre 2022 0 Par Paul Rassat

Le titre exact de cette BD est  «  Luce comprend tout Trop vite ». Drôle de titre. Est-il possible de comprendre trop vite ? Trop par rapport à quoi, à qui ? À son âge, aux autres ? Trop vite par rapport à la norme, qui est une moyenne, et au fonctionnement formaté de son institutrice ? Ne pas oublier que le prénom Luce renvoie à la lumière !

Luce

La jeune Luce secoue tout son entourage par sa vivacité d’esprit. Elle a de la chance, finalement les autres la comprennent et s’adaptent. L’histoire se termine bien. Elle est en réalité un support pédagogique très bien mené. Grâce à Luce les lecteurs sont informés. Rapidité de la réflexion, sens de l’injustice, curiosité permanente font partie du profil des enfants à l’intelligence très vive.

Ces deux dessins viennent d’un stage dont l’effet durable fut, quelque temps plus tard  » C’est quand même à ces enfants de s’adapter à la société. »

Le mot de Talpa

La notion de QI est très discutée. Préférons-lui l’intelligence en arborescence. Elle a le mérite de rejoindre la notion de curiosité. L’école fonctionne de manière linéaire. La géométrie nous apprend d’ailleurs que le plus court chemin d’un point à un autre est la ligne droite. Mais celle-ci génère l’ennui. Et qui ne se déplace qu’en ligne droite en géographie et en esprit ?

Sophie Adriansen

C’est à croire que la petite Luce aurait à voir avec Sophie Adriansen, scénariste aussi de La vie d’adulte, et inversement. On y retrouve sa curiosité qui la mène à établir des passerelles que les lecteur retrouvera entre ces deux albums. Une forme de fantaisie aussi qui apparaît, par exemple, à la page 9 de Luce. Dans la même vignette une enfant de mande le ballon. «À moi ! ». Un autre quitte le jeu et salue «  À plus ! » Merveilleux zeugma qui est l’un des ressorts de la poésie, du jeu de mots, de la capacité à établir des passerelles. L’intelligence consiste à établir de liens, à relier. Certains affirment que l’intelligence permet de s’adapter au monde. Si c’était le cas, aucun progrès ne serait possible. Nous nous contenterions de nous adapter.          

 La vie est une conversation       Le livre de Sophie Adriansen et de Clerpée évoque cette conversation entre le monde et soi qui permet à l’individu d’être vraiment lui-même et à la société de progresser.