Paresse linguistique
25 juillet 2026Talpa crée une nouvelle rubrique, Mais où c’est-y qu’on va ? L’évolution de la langue nous mène à ce degré d’inconnaissance et de paresse linguistique qui fait le lit de l’impérialisme étatsunien (et non américain). Mais où c’est-y qu’on va ? est un modeste écho à Doukipudonktan ? du métro de Queneau via Zazie. Exemples.
Zèle, zélus, zéléphantesque
Nos élus font preuve de zèle, surtout en matière de communication. Ils publient des « posts » sur les réseaux sociaux qu’ils encombrent à la moindre occasion. Pour une inauguration, un vernissage, un festival, le début ou la fin d’un chantier, une rencontre, une réunion, etc. Que seraient tous ces événements sans nos élus et sans la communication qu’ils en font ?
Le doigt où il ne faut pas
Ceci n’est pas sans rappeler (comme il est coutume de dire) une fameuse blague. Un homme consulte son médecin. —Docteur, ça ne va pas bien. Lorsque j’appuie sur mon cœur, j’ai mal. Quand je touche mon foie, J’ai très mal, et quand je tâte mon ventre, j’ai très mal aussi. Vous avez une idée de ce que je peux avoir ?
— Oui, monsieur, vous avez le doigt cassé.
Si nous avons mal à notre économie, à notre politique, à notre société, à notre culture, peut-être faudrait-il soigner nos zélus de tous bords. Ceci n’est pas sans rappeler l’idiot qui regarde le doigt au lieu de regarder la lune et finit par se mettre le doigt dans l’œil (ou dans la lune).
Par ricochet
Il arrive que les émissions de radio de l’été soient meilleures que celles de la saison. Un air frais, des voix neuves…Mais souvent cet esprit de bande sature la fonction neuronale et la submerge. C’était un peu le cas de La bande originale qui fonctionnait en auto-promotion, vannes renvoyant aux membres de l’équipe et question-réponses de Nagui. Le samedi nous réserve une surprise de taille sur France Inter pendant l’intersaison. Il s’agit de Les affaires reprennent, qu’anime Camille Combal. On a pu l’entendre déclarer « C’est quelque chose que j’ai dite ». Ma che, y’é mal à mon français ! Ce jour là, l’animateur et ses deux invitées, Camille Tissot et Blandine Lehout ont parlé d’un concours de ricochets et des pierres utilisées par les candidats. Aucun des trois n’a pensé au mot galet, qui aurait pourtant si bien correspondu au sujet. Par ricochet et par contre-coup, j’ai éteint la radio ce samedi 11 juillet à l’heure où les affaires reprennent.
Christophe Béchu
Christophe Béchu a été ministre de la transition écologique. Il est secrétaire général du parti Horizons, directeur de campagne d’Édouard Philippe, maire d’Angers, président Angers-Loire métropole. Il déclarait à la radio « Regarder en face quelque chose qui est malheureusement crédible, faire en sorte d’améliorer les choses…(pour) être en capacité de vivre … » Et puis ce bijou de constat qui renvoie la politique à un jeu à sommes égales. Pour agir ici, on prend là. Aucune imagination, aucune invention. Christophe Béchu déclarait donc « Ou on travaille davantage, ou on assume le fait qu’il y a des domaines où on fait moins. » Il continuait « On est aujourd’hui dans un contexte où… » Nous atteignons ici un sommet-un momentum dirait-on dans le courant médiatico-footballistique-de l’emboîtement d’éléments de langage autour d’un vide de la pensée. Où est passé le slogan du premier choc pétrolier « En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées. » ?
