Pourquoi je ne serai pas président de la République

Pourquoi je ne serai pas président de la République

12 mai 2026 0 Par Paul Rassat

Être président de la République, c’est comme jouer au loto. Seuls ceux qui ont joué ont gagné. Il faut donc se présenter aux élections pour avoir une chance d’être élu. Et je ne présenterai pas. Peur de l’échec relèveront certains. Petit bras. Pas du tout. Les réunions m’em… D’autant plus à ce niveau. On y traite de dossiers davantage que de réalités. Les gens deviennent des chiffres, des nombres, des statistiques. L’économie devient graphiques qu’il faut regarder en face.  Et puis il y a les préséances, le protocole. Rappelons ici que protocole n’entretient aucun lien étymologique avec proctologue, malgré certaines ressemblances. La préséance règle l’ordre dans lequel on siège.

Assis !

Car tout se passe assis alors que marcher entraîne et ouvre l’esprit. Voir les pèlerinages à Compostelle, même si les pieds en reviennent en compote après avoir composté son entrée au paradis. Les péripatéticiens de l’antiquité connaissaient bien les vertus de la marche, eux qui enseignaient en marchant.  Nos dirigeants actuels confondent, eux, la marche et les lois du marché.

Cyrano

Je ne serai pas président de la République parce que je n’ai pas l’intention de briguer cette fonction. On s’y ennuie profondément pendant les réunions. Le protocole fige les relations. Vous risquez d’être assassiné par un opposant politique, ou pire, par un fanatique. Il vous faut faire campagne, serrer des mains moites ou mal désinfectées, voire faire des bises. Accepter les selfies. Passer pour quelqu’un d’important. « Non, merci ! » aurait clamé Cyrano.

Liberté

Fréquenter des Trump, Poutine, Xi Jinping et autres ? Non, merci. Être président d’une République qui passe, à la deuxième, troisième, quatrième, cinquième, bientôt sixième ? Non, merci ! Les présidents président. Les gouvernants gouvernent. Les directeurs dirigent. Les patrons jouent aux (mauvais ?) pères. Les citoyens sont plus libres. Aucun verbe, aucun mot ne circonscrit leur personne à un statut, à une préséance.