Créativité
22 mai 2026« L’intelligence, l’imagination, le talent et la créativité ne fructifieront qu’en se fondant sur des savoirs et des aptitudes… » D’où l’importance de l’éducation. « Mais, parce qu’une éducation trop rigide, trop stéréotypée et trop peu narrative risque de détruire ou de tarir la curiosité intellectuelle » il faut trouver « un équilibre harmonieux entre la structuration et la liberté. Imiter est indispensable » pour parvenir à se défaire de l’imitation.
Oliver Sacks, dans Le fleuve de la conscience, poursuit « Pour s’engager dans une nouvelle direction après s’être installé quelque part, il faut disposer d’une énergie très spéciale, tout à la fois audacieuse et subversive, en plus du potentiel créatif personnel que ce genre d’évolution requiert : dans la mesure où l’orientation novatrice risque de se révéler totalement improductive, tout projet créatif revient à parier sur l’avenir. »
Ne plus s’en tenir à la fidélité aux maîtres, à la production alimentaire, mais prendre le risque de devenir soi-même. N’est-ce pas le véritable dessein de l’artiste ?
Dans Éloge du risque Anne Dufourmantelle note que le risque « ouvre un espace inconnu. » Il « donne prise au hasard ». Prendre un risque, c’est aussi donner sens au passé, laisser agir cette pâte inconsciente qui fermente en nous.
« Sortir de sa zone de confort » est une expression bien timide de la prise de risque. « Être disruptif, changer de paradigme, casser les codes… » que d’expressions pour dire haut et fort la mise à distance du risque ! Poser des actes forts ! Comme on pose des congés.
L’artiste véritable sort des process, des méthodes, des chemins balisés. Le risque y est grand. Dans ce mouvement il se donne entièrement, pour se trouver. Sculpter l’éternité, de Xavier Coste, est de ce niveau. Certains montent sur les épaules des géants pour se croire plus grands qu’eux ; d’autres pour voir plus loin. Et en soi.
PS
Il n’est pas inintéressant de noter que la préface du livre d’Oliver Sacks est de Jean-Claude Ameisen.
