Entretien en grande partie imaginaire avec Donald Trump
14 mai 2026L’entretien se déroule sur un parcours de golf dont il faut taire le nom pour des raisons de sécurité. Chaque trou est indiqué non pas par l’habituel drapeau fiché au bout d’une pique mais par une sorte de derrick évoquant les puits de pétrole. Donald nous avait donné rendez-vous au trou numéro 6. Il y est arrivé au volant de sa voiturette conduite à fond la caisse, avec dérapages dans les virages. Le service d’ordre suit comme il peut.
Monsieur le président, grâce à vous nous connaissons maintenant tous le détroit d’Ormuz. C’est un succès.
Oui, ce que j’ai réalisé pour faire connaître ce détroit oublié du monde entier est formidable. J’ai fait un boulot formidable, je dois dire. Et ce n’est pas la première fois.
Malgré vos talents exceptionnels et les résultats que vous obtenez, on ne vous a pas attribué le Prix Nobel de la Paix.
Et c’est regrettable. Si l’on m’avait donné le Prix Nobel de la Paix, que je méritais cent fois pour mes résultats remarquables en Afrique, en Ukraine, à Gaza, au Venezuela, au Canada, au Groenland, j’aurais œuvré encore plus pour la paix. Et les types, en face, se seraient dit : « Hé, le mec a le prix Nobel de la Paix, faisons la paix avec lui ! » Mais non, les Suédois sont tout juste bons à enfler des perles. Ils n’ont rien compris. Et les Iraniens en profitent.
En martelant ces mots, Donald époussette mon épaule pourtant impeccable. Une personne s’approche de lui.
— Monsieur le président, le dernier ultimatum arrive à terme.
— Envoyez-en un autre.
— Pour quel conflit ?
— À vous de voir…
Retour à l’entretien avec Donald Trump.
Comment voyez-vous les relations avec les Iraniens ?
Ma longue et riche expérience de la vie et des relations humaines m’a conduit à penser que je pourrais prendre les barbus par les poils. Ça n’a pas marché parce qu’ils ne sont pas tactiles. Question de culture. Alors je fais construire une salle de bal unique au monde. Mais on me dit qu’ils n’aiment pas danser. La guerre ? Ce n’est pas rigolo ; il y a des morts. J’avoue que je suis un peu décontenancé malgré mes efforts sublimes et ma formidable expérience. Tout ça pour un détroit.
Pas uniquement. Vous aviez un peu bombardé l’Iran, tué quelques dirigeants. On dit qu’Israël vous aurait forcé la main.
Celui qui me forcera la main n’est pas encore né. Visez un peu mon drive !
Donald envoie un grand coup dans la balle qui se perd dans le rough. À moins que ce ne soit dans un bunker. Le président remonte dans sa voiturette, suivi du service d’ordre. On s’agite partout à la recherche de la balle.
— Si vous n’avez pas retrouvé ma balle dans 30 secondes, je vous vire! hurle Donald. Nous partons discrètement.

