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L’Art s’affiche dans les vitrines d’Annecy du 1er au 16 mai

L’Art s’Affiche en 36 affiches d’œuvres d’art à découvrir en se promenant dans la ville. À l’initiative de Patricia Cazorla, Élizabeth Schneider et Élodie Tribut.

Afficher de l’art pour recréer des liens

Élizabeth Schneider nous parle de cette exposition / déambulation

L’Art s’affiche. Afficher de l’art pourrait presque passer pour une forme de revendication.

Revendiquer n’est peut-être pas le bon terme. Depuis plus d’un an les lieux d’art et de culture demeurent portes closes. Pendant tout ce temps nous nous sommes gavés de Zoom, de documents visuels numériques. Ce que nous proposons aux Annéciens est une pause pour les inviter à sortir les yeux des écrans.

L’art vivant, accessible, local s’affiche

Votre démarche est très pertinente par rapport au contexte actuel. Elle va demeurer ponctuelle ou bien sera-t-elle réitérée ?

Notre motivation est d’exposer l’art dans l’espace public sous la forme d’affiches. Les bars et les restaurants fermés ont souffert, comme les artistes, du manque de convivialité et d’ouverture. Nous avons choisi les vitrines des établissements locaux, en évitant les chaînes de restauration. Nos motivations sont multiples mais le contexte actuel donne une autre dimension à ce projet.

Nous espérons tous qu’elle perdure, sous d’autres formes, tout est possible ! Mais toujours en gardant ce format simple et modeste qu’est l’affiche.

Les artistes choisis sont locaux, eux aussi.

Du territoire, oui. Ils représentent un éventail très éclectique qui permet de découvrir un grand nombre de techniques artistiques. De la sculpture, des bijoux en pièces uniques, du dessin, des encres, du sténopé, de la photographie, de la photographie numérique retravaillée, du collage, du verre.

Vous montrez qu’Annecy n’est pas qu’un terrain de jeux commercial.

Il est bon de sortir l’art des musées, des lieux formels et de faire que tout le monde y ait accès.

Une démarche d’ouverture

On rejoint une approche situationniste. L’art et le quotidien de la société se confondent.

Un peu comme en Italie où l’art est accessible à tout le monde. Beaucoup de gens ne franchissent pas, malheureusement, les portes des expositions  ni des musées.

Notre époque est à la reproduction, à la copie sous bien des formes. Vous proposez des reproductions d’œuvres sous formes d’affiches. C’est un détournement et un appel à la curiosité.

L’art devrait avoir sa place dans l’espace public, il ne permet pas seulement d’embellir la ville mais plus encore de démocratiser certaines pratiques artistiques. C’est un véritable moyen d’expression…

L’affiche permet facilement de mettre en lumière une œuvre tout en la sortant de son environnement habituel et protecteur, toutefois, rien ne remplacera la rencontre avec l’original.

L’espace public est un lieu gratuit, accessible à tous, si nous donnons envie à quelques passants spectateurs d’échanger sur ce qu’ils voient, si nous leur donnons l’envie d’en savoir plus sur un artiste, une pratique et pourquoi pas de pousser la porte de ces lieux qui leur semblent aujourd’hui inaccessibles, alors pour nous ce sera un succès.

D’autres rendez-vous ?

Puisque vous avez constitué un réseau, on peut espérer qu’il y aura des suites.

À ce jour, c’est ce que nous souhaitons et la plupart des artistes également. Nous verrons si la rencontre avec le public fonctionne. Nous avons réussi à réunir trente-six artistes en très peu de temps. Si l’expérience se renouvelle, nous aimerions avoir davantage de jeunes artistes.

On peut nous suivre aujourd’hui sur Instagram @l.art.s.affiche et sur le site https://l-art-s-affiche.fr/.

Des suites très certainement…

À suivre…