L’économie à venir
17 avril 2026Dans L’économie à venir Gaël Giraud et Felwine Sarr décloisonnent avec bonheur différentes disciplines comme l’économie, la philosophie, la spiritualité, la politique. Cette approche repose sur une vision de l’ego particulière.
Il y a ego et ego
D’après le penseur Iqbal « l’ego n’a pas à se dissoudre…il lui faut au contraire se réaliser, processus qui a lieu dans l’acte de création. La continuité de l’acte de création est l’ego qui se réalise et qui réalise sa volonté et sa lumière profonde ». Si un ego disparaît dans l’affaire, souligne Felwine Sarr, c’est l’ego « étriqué ». « Car quand il se dissout, il laisse place à un espace vaste, un espace qui intègre, qui accueille…au-delà du « je veux, je ne veux pas, j’aime, je n’aime pas. » Le monde se résume pour l’ego étriqué à ce qui lui plaît, l’intéresse.
Se rejoignent ici les propos de Felwine Sarr, d’Iqbal et d’Héraclite analysé par Jean-François Billeter. Pour Héraclite les « éveillés partagent la même réalité. Il n’y en a qu’une au-delà des oppositions que crée le langage et les intérêts particuliers qui limitent le monde des « endormis ».
Petit et grand
On retrouve ces deux dimensions dans l’explication que Felwine Sarr donne du djihad dont l’étymologie signifie « faire un effort ». Il s’agit de lutter contre sa propre paresse, « ses propres ombres pour que puissent émerger ses propres lumières. » S’améliorer. Le « petit djihad » n’est que la guerre. Et la guerre sainte n’existe pas.
Ego et Nōs
Revoir ainsi ce que signifie véritablement l’ego, rebat les cartes entre Je et Nous. « Je nous produit le je, et le je réinterroge le nous qui réenrichit le je. » Ce lien permanent et réciproque permet à chacun un ancrage solide aux autres et à soi, à l’opposé du grand shopping de tout ce qui fait son identité. Je peux choisir ma langue, mon sexe, ma culture, ma religion. » Ajoutons mes propres allergies, mes interdits alimentaires.
Confiance
À développer cette vision des autres, de soi et de ce qui les relie, on entre dans la Téranga, la culture de l’hospitalité, de l’accueil et donc de la confiance. Y gagnent à la fois celui qui est accueilli et ce lui qui accueille. Ainsi que la relation entre les deux. Celle-ci peut s’inscrire durablement dans le temps car elle repose sur la confiance alors que l’inquiétude, la méfiance morcèlent le temps et la relation en émotions négatives.
Le titre du livre de Gaël Giraud et de Felwine Sarr est L’économie à venir. Économie humaine ?

