Quelque chose de
22 octobre 2026Il se passe toujours quelque chose ! Et à ce propos, « quelque chose » est une locution pronominale indéfinie qui fonctionne comme un pronom neutre. Référons-nous à Prévert et à son poème Pour faire le portrait d’un oiseau. En voici les premiers vers. « Peindre d’abord une cage / avec une porte ouverte / peindre ensuite / quelque chose de joli /quelque chose de simple /quelque chose de beau /
quelque chose d’utile / pour l’oiseau… » Prévert n’écrit pas « quelque chose de belle » ! Alors que l’on s’écharpait naguère à propos de l’écriture inclusive, beaucoup ne respectent pas ces lambeaux de neutre qui pourraient constituer un terrain pacifique.
Bon genre
Dans le même « genre » nous avons « quelqu’un ». Et puis le mode impersonnel, comme « Il pleut, il fait froid ». Sont intéressants les mots comme « gens ». « De bonnes gens », mais ‘des gens bons » (de Bayonne ou d’ailleurs). Un amour passionné, des amours passionnées Un délice exquis, des délices exquises. Le grand œuvre, une œuvre intéressante. Avoir une bonne mémoire, écrire un mémoire… Quant au mot « après-midi, il est féminin ou masculin, au choix, sans doute en fonction de ce que vous en faites.
Pour une éthique joyeuse de quelque chose
Pour en revenir à « quelque chose », signalons ce « C’est quelque chose à partir duquel nous pouvons travailler » entendu ce 21 octobre sur France Culture qui recevait Audrey Lorde. Le sujet ? « Pour une éthique joyeuse de l’érotisme ». On y remarquait l’emploi réellement intéressant du verbe « empuissanter ». On s’amusera d’un « On est sur quelque chose qui … » entendu ailleurs.
Plutôt que rien
Ce quelque chose, c’est quelque chose ! Jusqu’à ce « Il se passe quelque chose » qui accompagne la montée en mayonnaise de David Lisnard. Prenez un candidat qui annonce remettre de l’ordre. Ajoutez du condiment de droite, faites mousser énergiquement grâce aux médias appropriés. Vous obtenez une émulsion dont le slogan est « Il se passe quelque chose ». Heureusement ! Leibniz se demandait pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Effectivement, on peut se poser la question. Et y répondre en partie en revoyant l’excellente série Palace. On y entendait « Toujours quelque chose à dire, quelque chose à dire… »
À redire
Après empuissanter, entendu ce jour empouvoirmenter ou empouvoirenter. Pale imitation du emporverment anglais, après lequel nous sommes à la traîne. Gagner du pouvoir en imitant !
