Le néologisme qui engendre

Le néologisme qui engendre

1 avril 2024 1 Par Paul Rassat

Prenant son courage à deux mains et sa rhétorique à quatre, Gabriel Attal, GABA déclarait  « J’assume de le dire, il faut désmicardiser la France. » Olé, dirait l’expert séduit par ce néologisme qui fait causer. Il remarquera aussi que la moindre des responsabilités est d’assumer ce qu’on dit. Encore davantage quand on est élu.

Photographie : Gabriel Attal désmicardisant un nécessiteux devant les ministres ébahis.

Désmicardisez-moi, Benoît…

Et GABA de continuer «  On ne peut accepter une France où beaucoup sont condamnés à rester proches du Smic toute leur carrière. » Ceci tombe sous le coup et le coût du bon sens, et il faut réellement du courage pour assumer de le dire ! Lecture possible de cette déclaration foudroyante : il faut valoriser le travail…et pénaliser ceux qui ne veulent pas travailler. Car, évidemment, s’ils ne travaillent pas, c’est qu’ils ne le veulent pas. Inutile de réfléchir plus loin. Car s’ils ne travaillaient pas pour d’autres raisons, ceci pourrait remettre en question le travail et le statut de nos élus.

Générer

La ministre du travail, Catherine Vautrin, enchaîne : « … le travail génère du revenu. » Générer signifie produire. Mais produire ne paraît pas assez puissant. Générer renvoie à son synonyme engendrer, dont l’étymologie nous dit « régénérer quelqu’un par la vertu du baptême ». Engendrer s’est substitué au verbe gendrer. L’un des sens du verbe engendrer est «  provoquer la genèse, susciter l’apparition d’un phénomène, donner la vie. » Emmanuel Macron, ne l’oublions pas, s’est engendré de lui-même en politique. Il est apparu, comme l’avaient dénoncé certains qui sont depuis devenus ses ministres, sans idées, sans programme ni conviction. Libre, en quelque sorte d’être à la fois ici et là, ailleurs et autrement car en même temps. Nous perdrions-nous ? vous demandez-vous. Que nenni ! L’étymologie du verbe engendrer nous éclaire. En géométrie et au 18° siècle, on engendrait en décrivant une figure en se déplaçant. »

Gaby, oh, Gaby

Alors qu’il est question de réarmer la France démographiquement, stratégiquement, économiquement, on notera aussi que générer et engendrer flirtent avec les génitoires. Alain Bashung chantait si bien sa petite entreprise qui ne connaît pas la crise. Mais on choisira plutôt Gaby pour terminer cet article.

Oh Gaby, Gaby
Tu veux qu’j’te chante la mer
Le long, le long, le long des golfes
Pas très clairs…

Gaby
Gaby
Alors à quoi ça sert la frite si t’as pas les moules
Ça sert à quoi l’cochonnet si t’as pas les boules?

Oh, oh-oh-oh-oh

Ah-ah-ah, oh-oh-oh-oh

Codicille

Après avoir déremboursé, dévendu, déconstruit, on désmicardise. Le monde d’après se limiterait-il à défaire le monde d’avant ? Sans en tirer de leçons ?

J’assume de le faire

Après avoir assumé de le dire, Gaby assume de le faire. Il pourrait cocoriquer «  Je rétrécis le chômage ». À défaut d’une bonne politique, ça pourrait faire un film.